Objet Transitionnel

C’est une expérience qui m’a inspiré d’écrire sur l’Inconscient Primaire-Système Intégré et le jouet transitionnel.

Je me souviens que c’était un dimanche ensoleillé et très spécial car il suivait le jour du pèlerinage de Sainte Sara Kali, protectrice du peuple tzigane. Ce pèlerinage part du centre d’un petit bourg près de Sao Paulo, appelé Embu des Arts. Il a toujours lieu le premier samedi du mois de décembre. Embu est un lieu très spécial pour moi, car j’y ai vécu quelques histoires qui ont marqué ma vie. Notamment, lorsque j’ai vendu des confiseries au marché des artisans en fin de semaine ou pendant les congés, pour soutenir le Projet G3 du groupe du 3ème âge du Temple Guaracy du Brésil.

Ce même dimanche dont je me souviens maintenant, en fin de soirée, j’embarquerais pour l’Europe. Profitant encore de quelques heures qui me restaient avant de partir pour l’aéroport, j’allai faire un tour au marché des artisans d’Embu.

Comme toujours, nombreux étaient ceux qui profitaient de l’après-midi pour faire leurs courses, d’autant plus que Noël allait arriver. Les étalages étaient bondés de gens achetant toutes sortes de marchandises.

Alors que je marchais, quelque chose capta mon attention : un enfant, assis en haut de l’étal de bijoux , jouait avec un autre, assis sur une petite table en face de lui. Ils se parlaient, remuaient les bras et paraissaient très animés, tandis que la commerçante se pressait d’accueillir tous ceux qui sollicitaient son attention. C’était probablement leur mère ou au moins celle de l’un d’eux.

L’enfant assis en haut de l’étal était un garçon ; il portait une chemise grise et pouvait avoir à peu près trois ans. Face à lui, assis sur la table , c’était aussi un garçon d’environ trois ou quatre ans. Cependant quelque chose attira mon attention : l’enfant assis en haut de l’étal avait une peau différente, d’un brun un peu pâle et sans vie.

Je ralentis mes pas pour mieux comprendre ce que je voyais. Je m’arrêtai un instant. Je ne savais pas vraiment ce que je voyais ou que je ressentais. J’avais seulement une sensation d’étrangeté.

Il ne me suffit pas de voir de loin, je marchai en direction des enfants.

A ma surprise, l’enfant en haut de l’étal, à mesure que je m’approchais, comme par magie, lentement, se transforma en un ours en peluche.

Comment était-ce possible ? Je continuai mon approche jusqu’à arriver tout près et je ne résistai pas : je touchai cet ours pour m’assurer que je n’avais pas eu une vision. C’était réellement un ours en peluche : toujours en chemise grise, mais maintenant c’était un ours en peluche qui la portait.

L’enfant assis en face continuait à jouer tranquillement avec l’ours comme si de rien n’était, ni même s’apercevoir de ma curiosité à le regarder de près ou à toucher son ours.

Je restai un moment perplexe. Puis au fur et à mesure que je m’éloignais, je ne résistai pas à l’envie de jeter un œil derrière. J’avais l’impression que je verrais d’une manière nouvelle cet « enfant » en haut de l’étal.

J’essayai ensuite de poursuivre ma promenade dans le marché, mais elle avait perdu son sens. Je ne parvenais pas une minute à oublier cette expérience.

J’avais besoin de retourner à cet étal et m’assurer que c’était réel.

Finalement qui rencontrerai-je, l’ours en peluche ou « l’enfant » ?

Impatiente, je renonçai à ma promenade, retournai à l’étal des bijoux et surprise, il n’y avait ni ours ni « enfant », juste la même femme affairée à accueillir ses clients

Nous savons que les enfants ont une relation très profonde d’affect, d’amour, de sécurité et de transfert, à des niveaux variés avec leur objet transitionnel. Pour l’enfant, cette relation est d’une extrême importance car elle l’aide à traverser psychologiquement la vie. Cela lui donne un appui essentiel dans ses insécurités, ses dépendances et tant d’autres facteurs qui font partie de ses nécessités.

Nous savons d’un autre côté que dans le monde spirituel existent des esprits spécifiques qui ont la caractéristique de profiter de certaines situations ou certains attachements. Ainsi ils continuent à être liés à « la vie » par l’intermédiaire, ,par exemple, d’une relation obsessionnelle à un objet. Un des aspects caractéristiques est l’utilisation de la relation affective, dépendante qu’un enfant entretient avec son jouet ou son objet transitionnel pour continuer son parcours spirituel. L’esprit fait de cette relation un pont entre le plan spirituel dont il fait partie et le monde des vivants. Je ne veux pas dire par là que tout jouet ou objet transitionnel a nécessairement la présence d’un esprit. Dans certains cas, nous pouvons percevoir que l’influence de ce jouet ou de cet objet marque tellement l’enfant, qu’il va se diriger communément vers lui pour lui demander l’autorisation de faire quelque chose ou encore l’enfant se dira triste car le jouet ou l’objet est « méchant » avec lui.

Mon impression en retournant à l’étal des bijoux, voyant que les enfants n’étaient plus là, fut que « l’ours » avait emmené l’enfant se promener et pas le contraire.

Nous savons qu’il y aura un moment où l’attachement à ce jouet ou à cet objet prendra fin : le temps l’aura usé, ce sera « l’heure » de le laisser, quelqu’un aura décidé de le donner à un autre enfant ou il ira à la poubelle. Peu importe le motif, l’essentiel est que l’enfant participe à ce détachement et prenne part à la décision concernant le destin du jouet ou de l’objet . Par là, il se sentira respecté et pas trahi. La relation de confiance avec ses parents ou avec qui est impliqué dans la décision, se trouvera enregistrée positivement dans sa vie.

Ce détachement au plan physique aura une correspondance au plan spirituel.

S’il y a eu séparation naturelle consciente, la source de nourriture spirituelle coulera aussi naturellement.

Le pont entre esprit, jouet, ou objet et enfant s’ affaiblira et par conséquence la relation sera défaite. Dans le cas où la séparation s’est passée d’une manière insatisfaisante, la tendance sera d’avoir une influence spirituelle négative sur l’enfant. Comme la relation entre esprit, jouet ou objet et enfant a été brutalement défaite, la tendance est de créer des peines et des insécurités et dans ce cas l’esprit tend à s’adapter au champ vibratoire de l’enfant ne pouvant s’attacher au jouet ou à l’objet qui servait avant de pont dans la relation.

Quand quelque chose d’étrange arrive dans notre champ vibratoire, il est naturel d’avoir une réaction de rejet en accord avec le point d’origine. Un enfant « envahi » par quelque chose d’étrange pourra rejeter cette invasion en présentant de possibles symptômes. Par exemple, agressivité, dépression, apathie, altération constante de l’humeur, moins de vivacité. Dans certains cas, on pourra le confondre avec un enfant autiste.

Durant mon voyage en Europe, je fus surprise par la fille d’une amie. Elle était très animée et voulait me montrer sa chambre et ses jouets. Je restai surprise en voyant tant de jouets dans la chambre. Me tenant bien la main, elle observa ses jouets et leur dit « je ne vous ai pas dit qu’elle venait vous voir ? etme montrant une petite fée elle continua en disant :.

« c’ est ma meilleure copine, même si parfois on se dispute.. »

On connaît l’influence psychologique que le jouet ou l’objet transitionnel a sur l’enfant. Cependant ça vaut la peine de se souvenir que parfois ce n’est pas seulement ça.

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    Oxum Pamiladê
    Composition Philippe Lenaif, special guest Tina de Souza.

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